Monument à Gambetta


Date : 1888
Catégorie de monument :
Grands hommes;
Catégorie de monument :
Commémorations de l'Histoire, guerre de 1870
Type d'oeuvre :
ensemble
Matériaux :
pierre ; bronze
Sculpteur(s) :
Aubé, Jean-Paul (Longwy 1837 - Capbreton 1916)
Personnage(s) représenté(s) :
Gambetta, Léon (Cahors 1838 - Paris 1882)
Architecte :
Boileau Jean-Charles (1837-1914) (? - ?) ; Barbedienne F. (? - ?)
Inscriptions :
sur la face principale : A L. GAMBETTA / LA PATRIE / ET LA REPUBLIQUE
sur les quatre faces : longs passages de discours de Gambetta
sur le cartouche central : Le 5 janvier 1883, le lendemain des funérailles de Gambetta, ses amis politiques et personnels ont pris l’initiative d’ouvrir une souscription pour élever un monument en son honneur. Dix-neuf journaux républicains de Paris et cent cinquante autres de province ont prêté leur publicité. 280 000 citoyens français ont souscrit individuellement, d’autres en plus grands nombre ont pris part aux collectes faites en France et dans les colonies françaises. Le Comité a reçu des souscriptions de toutes les colonies de Français en terre étrangère et des dons individuels de beaucoup d’étrangers
Historique :
1883 : les amis politiques de Gambetta lancent une souscription.
1884 : le crédit est fixé à 350 000 F. ; un concours est ouvert aux artistes français le 8 janvier. Un comité est présidé par le député Eugène Spuller : toute liberté est laissée aux artistes quant à la composition et à l’implantation, mais le monument doit évoquer ‘la double entreprise à laquelle Gambetta, aussi grand républicain que grand Français, a consacré sa vie : la défense nationale et la fondation de la République’. Les 82 projets sont exposés du 3 au 16 juin à l’Ecole des Beaux-Arts. Six projets sont retenus pour la deuxième phase du concours, au terme de laquelle Boileau et Aubé l’emportent en novembre devant Falguière et Dalou.
1888 : le monument est érigé dans la cour Napoléon du Louvre, non loin des monuments à Waldeck-Rousseau et Ferry, et inauguré le 14 juillet.
1930-1940 : le monument est très critiqué, qualifié de honteux, d’odieuse pièce montée, du plus laid monument de Paris.
1941 : bronzes refondus sous le régime de Vichy
1954 : le reste en pierre est enlevé et caché dans le sous-sol du Palais de Tokyo
1982 : à l’occasion du centenaire de la mort de Gambetta, ce qui restait du monument (retrouvé à la faveur du déménagement du Musée national d'Art moderne vers le Centre Pompidou), fut restauré par le sculpteur Serge Bloch et remonté square Edouard-Vaillant, derrière la mairie du XXe arrondissement
Description :
H. 24 m. Le génie ailé de la Patrie inspire l’orateur. La Vérité (tenant un miroir) et la Force (s’appuyant sur des faisceaux) sont placées de part et d’autre du piédestal où sont gravés des passages entiers des discours de Gambetta. Au sommet du monument, la Démocratie est assise sur un lion, tenant les tables des droits de l’homme. La Vérité, la Force et la Démocratie étaient en bronze, et le reste du monument en pierre de l’Echaillon (Jura). H. 2,40 m. (groupe)
Oeuvres en rapport :
Esquisse, don Jacques Liouville au musée de Toul, détruite dans l’incendie de 1939. Esquisse en plâtre, Paris, musée Carnavalet Maquette au 1/90e présentée au 2e éliminatoire du concours de 1884, musée des Arts Décoratifs (inv. 29 919), déposé au musée d’Orsay en 1980 (DO 1980-13) exposé pour l'ouverture du musée en 1986, rendu aux Arts décoratifs en $ Modèle en plâtre du groupe central, haut-relief au 2/3, don de l’auteur au musée des Beaux-Arts de Nancy en 1894 Modèle en plâtre au 1/4 des allégories latérales, don de l’auteur au musée des Beaux-Arts de Dijon en 1893, déposées au musée de Longwy en 1979
Source :
Fonds Roxane Debuisson
Archives nationales, F/21/2411, 4230, 6257, F1CI 169, 64 AJ 224 et 225, 368 AP dossier 10
Documentation du musée d’Orsay, dossier de la maquette des Arts décoratifs exposée au musée d'Orsay de 1986 à ? (ancien numéro d'inventaire : DO 1980-13)
Bibliographie :
1973, Kjellberg, Pierre, Le guide des statues de Paris, Paris, La Bibliothèque des Arts, 2e édition en 1988 (Le nouveau guide des statues de Paris, Paris, La Bibliothèque des Arts), p. 185
1986, Bresc, Geneviève, Pingeot, Anne, Sculptures des jardins du Louvre, du Carrousel et des Tuileries, Paris, RMN, notes et documents n° 12, 2 vol. t. I, n° 5, p. 10-15
1986, Pingeot, Anne « XI, Eclectisme, néo-baroque et orientalisme », « L’enchevêtrement des styles », La Sculpture française au XIXe siècle, Paris, Grand Palais, RMN, fig. 375, p. 346-347
1986, Le Normand-Romain, Antoinette ; Pingeot, Anne ; Hohl, Reinhold ; Rose, Barbara ; Daval, Jean-Luc, La Sculpture. L’aventure de la sculpture moderne - XIXe et XXe siècle, Genève, Skira, p. 78.
1989, Hargrove, June, Les Statues de Paris,Paris, éditions Albin Michel, p. 108, 109, 119, 122, 123, 136, 144, 157, 162, 173, 197, 201, 207, 256, 259, 272, 300, 301, 315, 316
1996, Magnol-Malhache, Véronique, Léon Gambetta : un saint pour la République ?, Paris, Caisse nationale des monuments historiques et des sites
1996, Poisson, Georges, Le sort des statues de bronze parisiennes sous l'occupation allemandes, 1940-1944, dans Paris et Ile-de-France, Mémoires publiés par la Fédération des sociétés historiques et archéologiques de Paris et de l'Ile-de-France, tome 47, p. 200-206
2016, Rionnet, Florence, Les Bronzes de Barbedienne. L’oeuvre d’une dynastie de fondeurs (1834-1954), Paris, Arthena, Mon. 44, p. 493
Identifiant :
5276
Localisation à l'origine
Ile-de-France, Seine, Paris, 1er arr., place du Carrousel
Localisation actuelle
Ile-de-France, Seine, Paris, 20e arr., square Edouard-Vaillant