Monument au général Mangin
Date d'inauguration :
1932
Type d'oeuvre :
groupe
Matériaux : bronze
Sculpteur(s) :
Real del Sarte, Maxime (Paris 1888 - Paris 1954) ;
Martin, Raymond (Paris 1910 - Cachan 1992)
Personnage(s) représenté(s) :
Mangin, Charles
(Sarrebourg 1866 - ? 1925)
Architecte :
Dahmen Jean
( - ) ;
Denonvilliers
(? - ?)
Inscriptions : sur la plinthe : MANGIN ; sur la statue, à l'arrière : nom du fondeur illisible : …ONVILLER sur la partie supérieur du piédestal, à l'avant : MANGIN / 1866-1925 ; sur la plinthe, à l'avant : COMMANDE LA 8° BRIGADE D'INFANTERIE / PREND ONHAYE BELGIQUE 25 AOUT 1914 / COMMANDE LA 5° DIVISION D'INFANTERIE / PREND NEUVILLE St VAAST 9 JUIN 1915 / COMMANDE LE GROUPEMENT D / PREND DOUAUMONT VAUX LOUVEMENT / ET BEZONVAUX OCTOBRE-DECEMBRE 1916 / DEGAGE VERDUN ; sur la partie inférieure, à l'avant : FAIRE LA GUERRE / C'EST ATTAQUER ; sur une plaque à l'avant : CE MONUMENT / REMPLACE CELUI QUI HONARAIT PLACE DENYS-COCHIN / LA MEMOIRE DU GENERAL MANGIN / ET QUI A ETE DETRUIT / SUR ORDRE D'HITLER / LE 26 JUIN 1940 ; sur la gauche de Mangin, sur la plinthe : COMMANDE LA VI° ARMEE / ATTAQUE AU CHEMIN DES DAMES AVRIL 1917 / COMMANDE LA X° ARMEE / ARRETE L'AVANCEE ALLEMANDE SUR PARIS / MERY COURCELLES 11 JUIN 1918 / ENFONCE LE FRONT ALLEMAND / VILLERS COTTERETS 18 JUILLET 1918 ; sur la partie inférieure, à sa gauche : JE SUIS LORRAIN DE PERE DE MERE ET DE NAISSANCE ET IL N'EST GUERE DE / JOUR OU JE N'AIE SONGE A REPRENDRE / LA TERRE QUI FUT MON BERCEAU / ET QUI GARDE LA TOMBE DES MIENS ; à l'arrière, sur la plinthe : DELIVRE LAON / 13 OCTOBRE 1918 / ENTRE A METZ 19 NOVEMBRE 1918 / ENTRE A MAYENCE / 11 DECEMBRE 1918 ; sur la partie inférieure, à l'arrière : ORDRE DU JOUR A LA X° ARMEE / NOVEMBRE 1918 / SUR LA RIVE GAUCHE DU RHIN VOUS VOUS SOUVIENDREZ QUE / LES ARMEES DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE A L'AURORE DES / GRANDES GUERRES DE LA REVOLUTION SE COMPORTERENT DE TELLE SORTE QUE LES POPULATIONS RHENANES ONT VOTE / PAR ACCLAMATION LEUR INCORPORATION A LA FRANCE / ET LES PERES DE CEUX QUE VOUS ALLEZ RENCONTRER ONT / COMBATTU COTE A COTE AVEC LES NOTRES SUR TOUS LES / CHAMPS DE BATAILLE DE L'EUROPE PENDANT 23 ANS / SOYEZ DIGNES DE VOS PERES ET SOYEZ DIGNES DE VOS PERES A / VOS ENFANTS DONT VOUS PREPAREZ L'AVENIR ; sur la plinthe, à sa droite : TROIS FOIS BLESSE A DIENAL / SOUDAN 1889-1892 / COMPAGNON DE MARCHAND / FACHODA 1898 / ENTREPREND CREATION DE L'ARMEE NOIRE DAKAR 1906 / DELIVRE MARRAKECH 1912 ; sur la partie inférieure, à droite : LA FRANCE EST UNE NATION / DE CENT MILLIONS D'HABITANTS
Historique : 1928 : le comité reçoit une subvention de 5 000 F du conseil municipal, et de 20 000 F du conseil général pour ériger un monument au général Mangin.
1929 : le maréchal Foch, président du comité, demande un emplacement sur l’avenue de Breteuil. Mais il est interdit d’ériger désormais un monument sur cette avenue protégée.
1930 : le conseil municipal prend en considération la demande. L’administration des Beaux-Arts doit procéder à une étude pour trouver un emplacement.
1930 : mars, le "comité Technique et d’Esthétique" donne un avis favorable pour un emplacement près de l’église Saint-François-Xavier, en retrait de l’avenue de Breteuil.
1930 : avril, l’administration étudie le projet du monument du sculpteur Real del Sarte. Quelques critiques sont formulées à l’égard de la composition, jugée "trop agitée".
1930 : décembre, la maquette est terminée.
1931 : 30 mars, le conseil municipal autorise l’érection du monument mais quelques difficultés apparaissent pour l’emplacement, du point de vue de l’esthétique et de la circulation.
1931 : 31 décembre, nouvelles délibérations aboutissant au choix d’un nouvel emplacement, place Denys-Cochin. Le décret d’hommage public est proclamé en présence notamment, de Tardieu, président du Conseil, du maréchal Pétain...
1932 : 19 mars, inauguration du monument en présence de Paul Doumer, président de la République, de Mme Mangin, de ses enfants et des représentants des armées.
1939 : le comité n’a toujours pas payé le solde des frais d’installation.
1940 : 27 juin, Mangin étant l’une des figures de proue de l’opposition à l’Allemagne après 1918, le monument est déboulonné par deux camions allemands. La sculpture est découpée au chalumeau, les morceaux sont emportés. Le lendemain le socle est détruit à la dynamite et le sol nivelé. La tête en bronze est sauvegardée.
1945 : juillet, demande de reconstruction du monument soumise à l’administration des Beaux-Arts. La direction des Arts et des Lettres est chargée de désigner un nouveau sculpteur. Par ailleurs, M. Fontaine vivant dans le Calvados, propose de restituer la tête de la statue équestre de Mangin conservée comme trophée par l’unité allemande. Mais, une restauration n’étant pas possible, elle est placée au musée de l’Armée.
1947 : le projet de reconstitution est soumis à la commission nationale des monuments commémoratifs. Une suite favorable est donnée à Mme Mangin qui désire un nouveau monument. Le sculpteur Collamarini est alors choisi. Ce projet est abandonné ; un monument provisoire est installé.
1947 : 6 juillet, le conseil municipal émet le désir de voir ériger un nouveau monument à condition que ce ne soit pas celui de Real del Sarte. Son oeuvre est en effet jugée inesthétique. De plus, son attitude pendant la guerre fait l’objet de lourdes critiques.
1949 : le comité présente un projet du sculpteur Raymond Martin.
1949 : 29 décembre, le conseil municipal donne son accord pour ériger un monument sur un terre-plein situé au chevet de l’église Saint-François-Xavier.
1950 : 27 mars, un décret autorise cette installation. Le comité reçoit alors l’argent pour réinstaller la statue. Un projet de loi est soumis à l’Assemblée Nationale pour la reconstruction de l’ancien monument au Général Mangin.
1952 : 11 décembre, l’Assemblée vote une loi stipulant l’édification à Paris de deux monuments à la mémoire de Mangin. La présence de deux oeuvres d’une telle importance dans une même ville n’est pas possible. La ville de Paris risque des problèmes juridiques car elle est propriétaire de l’ancien monument et elle reverse l’argent donné par l’Etat pour reconstruire le monument à un nouveau comité et non au comité dit “Real del Sarte”. Et si elle rompt la commande avec Martin, celui-ci peut engager des poursuites.
1953 : un compromis semble enfin trouvé : poursuite du projet du sculpteur Raymond Martin et érection d’une stèle à la place de l’ancien monument Mangin. Cette solution semble satisfaire tout le monde.
1954 : 13 juin inauguration.
Description : H. 6 m
Oeuvres en rapport : Tête en bronze du monument original, Paris, Musée de l’Armée
Monument au général Mangin de Raymond Martin (fiche 5708)
Source : Fonds Debuisson
Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, Conservation des Œuvres d'Art Religieuses et Civiles, dossier Mangin
Archives de Paris, VM92 8
1979, Lanfranchi, Jacques, Statues de Paris, thèse de doctorat de IIIe cycle, sous la direction de Maurice Agulhon
2012, Garcia, Claire, La statuaire publique en France pendant l’entre-deux-guerres : réalités et enjeux, thèse de Doctorat, Paris Ouest Nanterre la Défense, cat., p. 187-188
Bibliographie : 1932, L'Illustration, "A la gloire de Mangin", n°4647, 26 mars, p. 369
1973, Kjellberg, Pierre, Le guide des statues de Paris, Paris, La Bibliothèque des Arts, 2e édition en
1988 (Le nouveau guide des statues de Paris, Paris, La Bibliothèque des Arts)
1974, Bizardel Yvon, "Les statues parisiennes fondues sous l'Occupation (1940-1944), Gazette des Beaux-Arts, mars, p. 129-148, cité p. 147, fig 1, p. 129
1989, Hargrove, June, Les statues de Paris, Paris, éditions Albin Michel, p. 269 et p. 266, 267, 275, 276, 303, 304, 310
1996, Poisson, Georges, Le sort des statues de bronze parisiennes sous l'occupation allemandes, 1940-1944, dans Paris et Ile-de-France, Mémoires publiés par la Fédération des sociétés historiques et archéologiques de Paris et de l'Ile-de-France, tome 47, pp. 168-171
2018, Lalouette, Jacqueline, Un peuple de statues. La célébration sculptée des grands hommes (France 1801-2018), photographies de Gabriel Bouyé, Paris, Mare & Martin, p. 87, 105, 507
2020, Garcia Claire,
Monuments de l’entre-deux-guerres : sculpture et architecture, Rouen, Le Havre, Presses universitaires, p. 231
Identifiant : 5507
Localisation à l'origine
France, Ile-de-France, Seine, Paris, 7e arr., place Denys-Cochin
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