La Défense de Saint-Quentin ou Monument aux morts de 1870


Date : 1881
Catégorie de monument :
Monuments aux morts 1870
Type d'oeuvre :
groupe
Matériaux :
bronze
Sculpteur(s) :
Barrias, Louis-Ernest (Paris 1841 - Paris 1905)
Architecte :
Delmas Fernand (1852-1933) (? - ?) ; Thiébaut Frères (? - ?)
Inscriptions :
sur le piédestal, à l’arrière, des vers de Victor Hugo : Aux martyrs ! Aux vaillants ! Aux forts ! / A ceux qu’enflamme leur exemple !
Qui veulent place dans le Temple
Et qui mourront comme ils sont morts !
Historique :
1879 : Edmond Turquet, sous-secrétaire d’Etat au ministère des Beaux-Arts et député de l’Aisne, propose à la ville de faire ériger un monument commémorant la résistance de la cité. En octobre 1870, gardes nationaux, sapeurs pompiers et francs-tireurs coupèrent les ponts sur la Somme et repoussèrent la tentative d’occupation de la ville. Saint-Quentin fut la première ville ouverte ayant résisté à l’ennemi, cela sans le secours de l’armée. L’événement eut un grand retentissement dans le pays. La ville tomba néanmoins quelques semaines plus tard. Elle fut libérée en janvier par un détachement militaire dirigé par Faidherbe.
Turquet charge Barrias d’exécuter un modèle pour la somme de 10 000 F.
1880 : le monument est commandé pour 50 000 F. (33 000 F. par l’Etat, 17 000 F. par la ville). Le conseil municipal adopte la proposition du ministère et désigne la place du Huit-Octobre pour l’ériger. La maquette est approuvée le 23 octobre. L’architecte de la ville (Delmas) est chargé de dessiner un piédestal en granit bleu des carrières de Vaudry près de Vire.
1881 : la ville demande que soit ajouté un médaillon représentant Anatole de La Forge. La place fait l’objet d’un aménagement complet, avec pelouses, bassins, jets d’eau, candélabres. Le monument est inauguré le 8 octobre, jour anniversaire de la bataille de Saint-Quentin, en présence de Turquet et du général Farre, ministre de la Guerre.
1917 : les bronzes sont emportés par l’occupant pour être fondus.
1929 : le piédestal est démonté et entreposé dans les magasins municipaux ; il est aujourd’hui détruit.
Description :
H. 3,50 m. La ville est défendue par un soldat qui succombe et tend son arme à son jeune fils. Le piédestal est orné des médaillons en bronze du général Faidherbe, d’Anatole de la Forge (rédacteur du journal Le siècle, préfet lors des combats) et de Gambetta, et de deux reliefs en bronze représentant la bataille du 8 octobre 1870 à Saint-Quentin, et la bataille du 19 janvier 1871 au moulin de Tout-Vent, près de la ville.
Oeuvres en rapport :
1892, Paris, Salon (SAF), modèles en plâtre, n° 4083 (groupe et reliefs), conservé au musée des Beaux Arts de Lille (dépôt de l’Etat, 1889) Maquette en plâtre patiné terre cuite, Saint-Quentin, musée Antoine Lécuyer
Source :
Fonds Debuisson
Archives nationales, F/21/193, F/21/4288, F/21/4354
Documentation du musée d’Orsay
Saint-Quentin, Archives municipales, 3 D 106
2004, avril, communication écrite de M. Pecquet, conservateur de la bibliothèque municipale de Saint-Quentin
2014, Orensanz, Camille, Louis-Ernest Barrias (1841-1905) : Un sculpteur sous la Troisième République, thèse de doctorat, Université Paris-Sorbonne, sous la direction de Barthélémy Jobert, catalogue raisonné et annexe I, n° 84, pp. 875-900
Bibliographie :
1881, L'Illustration, II, p. 236 (contretype 88 AP 269 - 16)
1914, Lami, Stanislas, Dictionnaire des sculpteurs de l'Ecole française au Dix-neuvième siècle, Paris, Honoré Champion, quatre volumes, t. I, p. 56
1981, Debrie, Christine, “Une sculpture de Louis-Ernest Barrias”, dans La Revue du Louvre, n° 1, pp. 53-62
Identifiant :
955
Localisation à l'origine
Hauts-de-France, Aisne, Saint-Quentin, place du 8-Octobre