À nos Grands Hommes
L’application A nos grands hommes est consacrée à la statuaire publique de la Renaissance à 1945, et recense 8 000 statues, groupes, bustes, reliefs rendant hommage à un homme, un événement, une idée, commémorant les morts des guerres ou décorant les parcs et les jardins.
A nos grands hommes s’est d’abord élaboré à partir de la collection de 25 000 cartes postales anciennes de sculptures de France Debuisson. De multiples ressources l’ont ensuite enrichi : le répertoire est le fruit d’une collaboration de 30 ans entre France Debuisson et le musée d’Orsay. Il a bénéficié du concours du ministère de la Culture (Service des musées de France), de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA), de l’Ecole du Louvre et du Labex « les passés dans le présent » (Université Paris-Nanterre) et du ministère de l’Education nationale. en savoir plus
Au début des années 1970, France Debuisson entreprend à la suite de sa mère, Roxane Debuisson, une collection consacrée aux monuments sculptés français, qui compte aujourd’hui 25 000 cartes postales et plusieurs milliers de photographies. Les cartes postales constituent une mémoire irremplaçable, beaucoup d’œuvres ayant été fondues sous le régime de Vichy ou déplacées.
A la suite d’une fructueuse collaboration entre la collectionneuse et le musée d’Orsay, puis avec l’Institut national d’histoire de l’art, le corpus a été publié une première fois en 2004 sous forme d’un double cédérom grâce au soutien du ministère de la Jeunesse, de l’Education nationale et de la Recherche.
Une deuxième étape a été franchie avec la décision de le mettre à disposition des utilisateurs sur l’internet. Le projet a été alors renforcé par le soutien du Labex Les Passés dans le Présent (Université Paris-Nanterre), puis par l’apport de l’équipe de recherche de l’Ecole du Louvre.
Le répertoire a bénéficié du concours conjoint de conservateurs du patrimoine et d’universitaires. Il a été enrichi par les documentations des musées d’Orsay et du Louvre, de l’Inventaire général, de la Conservation des œuvres d’art de la Ville de Paris, et par de multiples bénévoles et prestataires. Il a pris en compte des travaux universitaires et des chercheurs et le résultat d’une vaste enquête auprès des communes.
S'appuyant sur des recherches scientifiques, cette base de données en ligne présente l'histoire, les motivations qui ont conduit à l’élévation de ces œuvres.
Les œuvres sont réparties dans toute la France. Grâce aux informations collectées, le monument prend sa place dans l’histoire de la ville et de la société française ; il est de nos jours un élément du patrimoine de proximité. Le recensement continue, et les apports des utilisateurs sont les bienvenus : dans toutes les communes de France, historiens ou curieux se préoccupent de leur patrimoine et pourront ainsi contribuer à sa diffusion. en savoir plus
Tout citoyen, qu’il déambule quotidiennement dans sa commune ou qu’il voyage, a sans cesse sous les yeux des monuments commémoratifs : statues ou bustes, monuments aux morts ou fontaines, sculptures destinées à défendre des idées ou à répandre une certaine conception esthétique.
Ces monuments ont souffert de la grande fonte ordonnée par le régime de Vichy en 1941 pour « récupération des métaux non-ferreux », puis des effets de mode et de la place croissante donnée à l’automobile dans l’urbanisme. Dans les musées, des collections entières ont été déplacées dans les réserves. Les fonds de modèles en plâtre, souvent confondus avec des moulages, ont été laissés à l’abandon, victimes de l’humidité, de l’écroulement de hangars, du mépris et de l’oubli.
Dans les années 1970, Maurice Agulhon, professeur au collège de France, faisait entrer le sujet dans le champ des études historiques. En 1986, le musée d’Orsay ouvrait ses portes : sa nef entièrement consacrée aux sculptures de grand format constitua pour le grand public une révélation, et depuis de nombreux musées et associations locales font revivre ce patrimoine sculpté. Amiens, Lyon, Lille, Nantes, Grenoble, et récemment Roubaix et Angers ont restauré des centaines d’œuvres et ré-ouvert des galeries entières consacrées à cet art oublié. Les cimetières ont fait l’objet d’une curiosité nouvelle et le Père Lachaise, véritable musée de sculptures en plein air, attire sans cesse plus de visiteurs.
L’intérêt d’un inventaire des statues et monuments commémoratifs érigés en France de la Révolution à la seconde guerre mondiale ne fait donc aucun doute. Pour l’histoire de la sculpture tout d’abord. Mais le monument prend également sa place dans l’histoire de la ville, du décor urbain, dans celles des hommes et des sociétés.
Des liens ont été tissés avec des universités de régions, et le projet suscite de nouveaux travaux. En retour, il s’enrichit des apports des chercheurs de tous horizons : projets scolaires ou d’associations locales, d’historiens, d’étudiants.
Entre-temps, d’autres applications ont vu le jour, qui n’ont pas exactement le même objet mais peuvent-être complémentaires.